Course au large
WowSailing 2012, la Transat réservée aux filles
17 février 2012
Je reste plus que sceptique sur cette annonce faite la semaine dernière, d’une transat en double, en classe Figaro, réservée aux femmes.
S’il faut bien-sûr se réjouir d’un nouveau projet, qui favorise de n’importe quelle manière l’émergence de talents méconnus, j’ai par contre un véritable doute sur la question de limiter l’accès à la gente féminine.
La course au large n’est-elle pas un des rares sports qui permettent aux hommes et femmes de disputer des compétitions ensemble, sur pied d’égalité ? Florence Arthaud, Ellen Mc Arthur, Karine Fauconnier, Sam Davies et bien d’autres l’ont démontré en réalisant des résultats remarquables sur les plus grands événements de la planète. Enfin un sport ou la masse musculaire n’est pas déterminante, et il suffit d’observer les différences de Gabarit entre les skippers pour le démontrer.
La création d’une transat féminine risque, à mon sens, de reléguer la course. Loin de moi l’idée de porter des propos machistes, mais il faut regarder la réalité d’autres sports. Le ski féminin, ou même le tennis n’ont pas la portée de leurs homologues masculins, et je crains que cette épreuve passe du coup au second rang.
La course aura bien sûr un réel intérêt sportif, et va être abordable. Le parcours, au départ de Plymouth à destination d’Antigua, en laissant les Açores à tribord est parfait à l’automne. Il ne fait aucun doute que les régatières y trouvent leur compte. Sept équipages auraient d’ailleurs déjà fait part de leur intérêt.
Je salue donc l’initiative de fond, de créer une nouvelle épreuve accessible d’un point de vue budget, et sportivement intéressante. J’espère simplement que cette course ne sonne pas le glas de la voile mixte, qui reste à mon sens la plus grande force de ce sport hors du commun.

Brice Lechevalier, le 22 février 2012, 20:46
D’un autre côté, comme il s’agit d’une première, elle focalisera l’attention, notamment des médias généralistes et de la presse féminine. Cela peut donc permettre de toucher un nouveau public, et qui sait, de créer des vocations.
Dans le même esprit, cette touche féminine peut également convertir de nouveaux sponsors à notre sport. Lors du World Yacht Racing Forum d’Estoril en décembre 2011, une table ronde était consacrée à ce sujet, au cours delaquelle
Andrew Pindar (CEO de la société éponyme) a déclaré qu’à compétences équivalentes sur le papier, il sponsoriserait un équipage féminine plutôt que masculine car il en espérait plus de retombées média.
N’est-ce pas également la démarche de Teamwork avec la charmante Justine Mettraux qui va s’aligner au départ de la prochaine Mini?
De son côté, la journaliste de voile Olivia Maincent m’a proposé un article sur l’équipage féminin qui court le Tour d’Arabie et je lui ai demandé d’élargir le débat à ce thème. A découvrir dans le Skippers du printemps, dont la couverture ne devrait d’ailleurs laisser personne indifférent.