Du Léman au large

Un Blog skippers.tv

Europa Race annulée; Dans la série des annonces abruptes

21 février 2012

Ou plutôt: Quand voile et politique font mauvais ménage!

Il y a des mois comme ça, où tout va mal pour la voile. Veolia annonçait il y a dix jours son retrait de la course au large. Avant-hier, c’était le tour de l’organisation de l’Europa Race, censée partir D’Istanbul le 5 mai prochain, de déclarer forfait.

La raison n’est pas économique, comme la période pourrait le laisser croire, mais politique. À l’origine de cette décision, une loi pénalisant la négation du génocide arménien votée le 23 janvier dernier par le parlement français.

Le décret a généré une crise diplomatique sans précédent entre les deux pays et les Turcs, qui finançaient la plus grande partie de la course, ont simplement retiré leurs billes pour marquer leur mécontentement.

Résultats, pas de sous, pas de régate et une dizaine d’IMOCA se retrouve privée d’un galop d’essai important quelques mois avant le Vendée Globe. Les intéressés, entendez les coureurs et la classe, cherche bien une solution de remplacement avec éventuellement un départ de Barcelone, seconde ville étape de ce tour d’Europe, mais les finances ne sont plus là, et le temps manque cruellement.

Cette situation nous rappelle que politique et course au large n’en sont pas à leur première crise conjugal. La Whitbread, ancêtre de l’actuelle Volvo Ocean Race, avait en effet renoncé deux éditions durant (89/90 et 93/94) à s’arrêter au Cap, dans le but de se positionner clairement contre l’Apartheid.

À une autre échelle, je me rappelle que les équipages du tour de France 1997 avaient failli boycotter l’escale de Toulon. La couleur FN de la ville ne faisant pas l’unanimité au sein des coureurs.

On se souvient encore tous que les Américains avaient réussi à faire changer le lieu de la 33ème Americas’Cup, prévue aux Émirats Arabes Unis, prétextant notamment des raisons de sécurité vu la proximité du plan d’eau avec l’Iran.

Ce blog n’est bien-sûr pas le lieu d’un débat sur la loi française ni sur l’histoire Turc et je m’abstiens évidemment de prendre position sur les décisions prises de part et d’autre. Je regrette simplement que ceux qui font les frais de ces conflits diplomatiques n’ont pas grand chose à voir avec ce qui se déroule dans les ambassades. Dommage pour la course qui promettait d’être passionnante. Je doute que quiconque ressorte grandi de cette triste zizanie.

Commenter cet article