À moins de 100 pieds, tu t’tapes la honte

Nous voici ancrés dans la fameuse baie de Falmouth Harbour, centre névralgique de la fameuse Antigua Sailing Week qui doit débuter sous peu. Avec ses trois marinas réservées aux grosses unités, le site réunit ce qu’il y a de plus prestigieux en matière de voiliers. Autant dire qu’avec nos 43 pieds – que je trouve déjà bien imposant lorsqu’il s’agit de manœuvrer dans les ports, ou de payer les factures – nous faisons presque figure d’annexe. Ici, les coques de plus de 100 pieds sont légion. Même les maxis de course des années quatre-vingt semblent petits. Pour être vu, il faut afficher cinq étages de barres de flèche, au risque de passer pour un petit sirop. L’heure est à la démesure. Tout le monde le sait et vient pour ça. La grand-messe de la voile antillaise va bientôt commencer, et l’ambiance s’en ressent. Les baroudeurs à t-shirts délavés et shorts troués, ont laissé la place à d’athlétiques et élégants équipiers vêtus de polos blancs aux logos de leur embarcation. Le repaire de Nelson se transforme, le temps d’une semaine, en Mecque de la voile avec en guise d’heure de prière, des procédures de départ qui vont s’enchaîner quotidiennement jusqu’à début mai.

IMG_0256Dans une quinzaine, la plupart des voiliers présents seront convoyés ou transportés vers l’Europe, histoire de changer de terrain de jeu le temps de la saison des cyclones. Nous nous apprêtons d’ailleurs à faire de même, et les jours avant la transat retour sont comptés. Une escale à Barbuda et St.-Barth, puis St.-Martin d’ici la fin du mois sont au programme. Le plus petit territoire du monde appartenant à deux états sera en effet notre base de départ pour les Açores. Pour cette seconde traversée sur Lucy, nous avons décidé, après concertation, que Martine et les enfants s’épargneraient un retour potentiellement inconfortable à la météo incertaine. Ils profiteront donc de ce laps de temps pour faire une visite de courtoisie familiale dans leur seconde patrie, sur la côte Pacific du Canada. Je ramènerai pour ma part le bateau vers Horta accompagné de deux amis. Nous nous retrouverons tous mi-juin dans l’archipel portugais pour terminer ce périple d’un an.

IMG_0257Pour l’heure, je regarde quotidiennement les cartes météo de l’Atlantique nord, et je dois dire que je reste perplexe. Les dépressions, très creuses, s’enchaînent encore et toujours, à des latitudes qui ne me rassurent pas vraiment. Je me dis que d’ici la mi-mai, tout le système va bien finir par remonter un peu au nord, et nous permettre de passer sans encombre. On dit que sur ce trajet, on n’échappe pas à au moins un coup de vent, on verra bien. Je préfère quoi qu’il en soit aborder cette perspective en équipage expérimenté plutôt qu’en famille.

En attendant, nous profitons de ces dernières semaines antillaises, et admirons les super-yachts avant une ultime robinsonnade à Barbuda. Ensuite nous passerons en mode préparation, avec une to do liste qui prend forme. Mais ça, nous en reparlerons avant de partir en mer.

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