Rio l’indescriptible

Ça y est, les Jeux olympiques 2016 ont débuté hier soir, lors de la grandiose cérémonie d’ouverture au Maracana. La grand messe du sport est lancée dans cette ville de folie qu’est Rio de Janeiro.

En trois jours, j’ai l’impression d’avoir vécu vingt ans, au vu de la densité des émotions et des images qui se sont offertes à moi. L’expérience olympique est déjà en soi (en tout cas pour une première) un moment énorme. Le fait que celle-ci soit vécu à Rio décuple tous les ressentis. Rio est belle, Rio est grande, Rio est pleine de paradoxe, mais on ne peut que l’adorer. Moi qui vit dans un village d’à peine 300 âmes, je n’aurais jamais cru pouvoir tomber amoureux de cette cité affolante. Pourtant!

Si je repense au trajet entre l’aéroport et le centre, j’ai presque eu envie de rebrousser chemin. L’enchaînement entre zones industrielles délabrées et favelas est assez choquant, surtout pour un esprit propre en ordre d’Helvète bien élevé (ou pas). Puis, au fur et à mesure du trajet, en rejoignant les abords de la baie de Guanabara, le dégout a peu à peu tourné en fascination. C’est d’abord le Cristo Redentor qui sort de la brume, les bras en croix, du haut de ses montagnes qui ouvre le spectacle. Puis vient le Pao de Açucar, le mouillage de Botafogo, les plages, les girls of Ipanema, l’ambiance indescriptible… Rio est magique, je suis conquis.

Tout n’est évidemment pas rose, et les gamins qui dorment sur un carton à même le trottoirs des grandes avenues de Copacabana donnent forcément mauvaise conscience. Les milliers de militaires et policier surarmés, recruté pour rassurer le demi million de visiteurs attendu, créent également une drôle d’atmosphère. On se croirait, selon les endroits, en état de siège. Mais on est quand même bien content de les voir, d’autant plus que la plupart sont, malgré leurs mines patibulaires, toujours aimables, polis et avenant.

Pour ce qui est de l’expérience olympique, je peux dire à ce stade, que le terme de grand messe du sport n’est pas usurpé. L’énormité de l’organisation laisse presque songeur. Est-ce bien raisonnable!

Le centre principal des médias est une fourmilière, une ville dans la ville. Vingt-cinq mille journalistes sont attendu, alors il faut forcément des infrastructures. Mais on frise le déraisonnable. Et après être passé à la cafétéria manger un mauvais sandwich payé bien trop cher, après avoir fait la queue une demi-heure comme dans une caf d’entreprise. Je me dit que couvrir la voile est quand même un privilège. C’est une usine à news, dans laquelle tout le monde cherche son biscuit pour faire son papier, son sujet. C’est la course à la conférence de presse et e multimédia est à son apogée. On croise autant des grosses équipes de tournage aux moyens lourds, que des journalistes faisant face à un Smartphone posé sur un trépied, avec un micro à la main. Tout le monde court pour attendre et comme le rappelait un photographe rencontré à la sortie d’une conférence de presse. “Ça fait un peu penser au service militaire.” no comment

Concernant le niveau de finition des infrastructures, je peux confirmer ce que disent tous les médias depuis plusieurs jours. Rien n’est vraiment terminé. Tout est opérationnel, mais on évolue quand même dans un chantier au stade des finitions, qui ne seront évidemment jamais finies. On baigne dans l’absurdité olympique, c’est triste.

La Marina de Gloria, site d’accueil des épreuves de voile n’échappe pas à cette situation. Mais tout le monde s’accommode, et si rien ne s’effondre, on sera contents. Finalement, le terrain de jeu des voileux, c’est la mer, et là, ce n’est pas aussi catastrophique qu’on a pu le dire, et le lire. Matias Buhler le confirmait hier. “Si on avait du tomber malade à cause de l’eau, ça serait déjà arrivé, puisque ça fait trois ans qu’on vient naviguer ici. Ou alors, on est immunisé.” L’inquiétude principal réside plutôt dans la gestion des objets flottants, qui peuvent sérieusement poser un problème de performance. Mais quel plan d’eau peut aujourd’hui se targuer d’être vierge de plastic flottants. “Hier j’ai vu pour la première fois le fond de la baie” m’a même confié Lucien Cujean. Comme quoi, la situation s’améliore vraiment.

Après voir fièrement défilé hier au Maracana, les athlètes de Swiss Saling Team ont quelques jours de répits avant de partir sur l’eau. Mateo Sanz Lanz ouvrira le bal lundi, les 470 commencent le 10 de même que le Nacra 17. Le 49er disputera quant à lui sa première régate le 12. Chaque série va disputer douze régates plus la medal race, sauf les 470 qui n’en font que dix (+ medal race). Le programme est normalement de deux jours de compétition, un jour de repos, deux jours de compétition, un jour de repos, et medal race.

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