Le sport peut être ingrat, la voile moins…

J’ai interviewé Tiffany Géroudet samedi, en larme, après sa défaite en escrime au premier tour, alors qu’elle aurait potentiellement pu jouer une médaille. Pour la jeune valaisanne, les Jeux olympiques ont duré à peine dix minutes. Ce qui devait être l’accomplissement d’une carrière a tourné en immense déception en quelques dixièmes de secondes. Elle a même déclaré, sous le coup de l’émotion, ne plus vouloir entendre parler d’escrime. Le sport d’élite est tellement ingrat qu’on peut se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle? Cette rencontre m’a particulièrement ému, j’étais plein d’empathie et j’aurais voulu lui proposer autre chose que mes questions à deux balles sur le quoi, comment c’est arrivé, et ce qu’elle va faire après. Mais l’exercice fait partie du jeu (et des Jeux), et elle s’y est est prêté. Merci à elle.

Si je parle de cette rencontre qui n’a rien à voir avec la voile (en fait si, mais je vais y venir). C’est que j’ai été interpellé par le risque de déception qu’assument (s’ils l’assument) les athlètes de ces sports éliminatoire. Alors bien sûr, l’intensité de la satisfaction est très probablement inversement proportionnelle en cas de succès. Et je lis encore ce matin un papier qui dit: “prévoir le pire permet d’atteindre le meilleur”. Mais je ne sais pas si ceux qui sont en quête du meilleur prévoit suffisamment le pire. Car mettre en jeu plusieurs années de travail sur un seul match, sur une seule performance est quand même particulier. Et pour poursuivre le propos vers le sport qui nous concerne, je me dis que ceux qui font de la voile ont quand même de la la chance. Il ne s’exposent pas à pareille situation. Même s’ils n’atteignent pas leurs objectifs, ou font une contreperformance. Ils auront toujours disputé toutes les manches, et même pu biffer du tableau la plus mauvaise. Le passage à vide est autorisé, il ne pénalise pas forcément une préparation de quatre ans.

Donc, et pour tenter de donner un fil conducteur à tout ça, le résultat mitigé de la première journée de régate de Mateo Sanz Lanz, vingtième après trois courses, représente certes une déception. Mais il ne met pas un terme prématuré à ses Jeux. Mateo peut compter sur une meilleure journée, plus adaptée à son gabarit. Il a encore la possibilité d’exploser, et au terme de l’épreuve, il pourra, comme tous les voileux, faire le point sur son résultat en analysant l’ensemble des manches, sans avoir à se dire que tout s’est joué ce premier jour.

Tout ça pour dire que les régatiers ont quand même un sacré privilège de pouvoir vivre les Jeux du début à la fin, quels que soient les résultats intermédiaires. Mateo va disputer trois nouvelles régates cet après midi. Demain, le Nacra 17 et les deux 470 entre en lice.

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