Rio vu du large

Présent sur la plage de Gloria pour soutenir l’équipe de France, avec qui il a un partenaire commun, le coureur océanique Armel Le Cléac’h nous a accordé une interview. Double vainqueur du Figaro, vainqueur de la Transat anglaise, et deux fois deuxième lors du Vendée Globe, ce marin accompli qui aime la voile sous toutes ses formes nous a livré son impression sur ces Jeux olympiques.

Armel le Cléac’h, quel regard portez-vous sur ces Jeux olympiques?
Je suis vraiment content de pouvoir être au cœur des régates. C’est la première fois que je me rends sur un site olympique. J’aime la voile sous toutes ses formes, et même si c’est évidemment très différent de ce que je fais. c’est un vrai privilège de pouvoir assister à ces medal races. L’ambiance est incroyable et géniale.

Vous êtes passés par le dériveur, jusqu’où avez-vous été?
J’ai suivi un début de carrière assez classique, avec de l’Optimist, du 420, du 470. À un moment il a fallu faire des choix. Quand  la question de poursuivre en série olympique, avec les engagements que ça implique, s’est présentée, j’ai préféré me tourner vers quelque chose qui me parlait plus. J’avais des posters de skippers dans ma chambre, Philippe Poupon, Loïck Peyron, Eric Tabarly et bien d’autres. J’ai été plus attiré par ces histoires, et je me suis donc tourné vers la course au large, avec la solitaire du Figaro. Mais je connais énormément de monde dans l’olympisme. Le niveau est énorme, il y a plus de finesse, ce sont les meilleurs barreurs du monde, je respecte beaucoup ces disciplines.

L’olympisme et la course au large ne sont plus deux mondes imperméables. Il existe de plus en plus de passerelles entre les deux. Est-ce que vous êtes d’accord avec cette observation?
Oui, évidemment, les médaillés olympiques sont de plus en plus demandés dans les équipages, comme barreurs ou tacticiens. La passerelle est encore plus flagrante pour l’America’s Cup. Les anciens champions sont presque incontournables dans les syndicats. C’est par contre plus difficile dans l’autre sens. Débuter par le large pour aller vers l’olympisme ne fonctionne pas. Frank Cammas, qui est un coureur qu’on ne présente plus a fait un passage du large vers le dériveur. Il a fait quelques beaux coups, mais ça n’a pas été simple. L’olympisme est très formateur et très spécialisé. Ça ouvre beaucoup de portes dans la voile de haut niveau.

La fédération française de voile a généralement une belle délégation aux Jeux olympiques. Que pensez-vous de cette structure?
J’ai la chance d’être assez proche de l’équipe de France, puisque nous avons un partenaire commun. Il y a une super ambiance. À Londres il n’y a eu qu’une seule médaille, mais ils ont su se remettre en question. Depuis, le directeur technique a changé, et l’encadrement semble bon. Il y a un véritable esprit d’équipe. On le voit sur les championnats du monde de différentes séries, où les Français font toujours de très bon résultats. Après, les Jeux c’est les Jeux, et il faut un peu de réussite, que tout fonctionne à un moment T. L’exemple de Marie Riou et Billy Besson va dans ce sens. On ne peut pas tout maîtriser au moment des JO.

 

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